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Perle D'ambre

perle d'ambre

Trois histoires d'amours étranges sous le regard d'une perle d'ambre. (en construction)

1) Sortie d'un rêve: Un célibataire endurci rencontre une petite fille perdue et doit la prendre sous son aile...

2) Coeur de démon: Un cruel démon prend en chasse une jeune fille à l'âme pure...

3) Ambre (titre provisoire): (en cours d'écriture)

4) épilogue

purikura 3

purikura-yukata

 

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Ma Musique

Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 12:54

 

 Début

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Ce matin-là, Éméra s'éveilla en proie à une parfaite félicité. Elle avait passé une nuit délicieuse. Moëlys l'avait raccompagnée et était resté à son chevet en la berçant tendrement, si bien qu'elle s'était endormie ainsi sans percevoir son départ. Elle se redressa en pensant à cette merveilleuse nuit tout en portant machinalement la main à son pendentif.

Décidément, ça ne pouvait pas être un rêve. Pourtant, Moëlys était quelqu'un d'étrange et de mystérieux : tout semblait magique en sa compagnie. Bien sûr, quelque part au fond d'elle-même, la jeune fille avait toujours un peu peur que tout ceci ne soit que le fruit de son imagination. Mais elle était décidée à s'assurer du contraire ce jour-là. Elle avait déjà, comme preuve de la véracité des faits, la perle ambrée qu’elle portait désormais constamment autour du cou. Pourtant, il lui semblait que la ville changeait en présence du jeune homme, et que certains endroits apparaissaient comme par magie selon son bon vouloir.

Ce jour-là, Éméra n'avait pas d'obligation particulière, aussi décida-t-elle de retourner là où Moëlys l'avait emmenée la nuit précédente. Elle avait bien mémorisé le trajet et était sûre de pouvoir retrouver son chemin, si chemin il y avait.

Elle se prépara et avala quelque chose en vitesse puis s'élança dehors. Le soleil vint caresser son visage et elle s'étira de bonheur. Rien de prévu pour aujourd'hui ! Elle pourrait profiter de sa journée comme elle le souhaitait.

Elle sortit de son petit jardin et partit dans le dédale des ruelles. Sans Moëlys et l'obscurité nocturne, tout était différent. Les bruits de la vie quotidienne venaient chatouiller ses oreilles et la magie n'habitait plus l'espace environnant. Les endroits habituels prenaient une autre teinte aux côtés du jeune homme. Là, tout était normal. La voisine arrosait les fleurs, les passants vaquaient à leurs occupations sans se préoccuper de la transformation qui s’opérait la nuit dans leur ville.

La jeune fille quitta les routes qu'elle empruntait habituellement pour prendre le chemin qu'elle avait suivi la veille avec Moëlys. Il semblait le même, et pourtant, il y avait quelque chose de sensiblement différent. Elle n'aurait su expliquer ce que c'était. Bien sûr, il y avait aussi le fait que, la nuit, les perceptions n'étaient pas les mêmes... L'obscurité déformait tant de choses que la jeune fille n'aurait su dire si le fait de son imagination jouait un rôle quelconque.

Éméra arriva enfin à la lande qui ne paraissait plus si déserte en pleine journée. Beaucoup de maisons se dressaient alentour et de nombreux promeneurs allaient et venaient çà et là. Le talus ombragé par le saule était déjà visible. Il lui avait semblé qu'aux côtés de Moëlys, le chemin avait été plus long.

La jeune fille se dirigea vers l'étang. Tout était pareil mis à part la clarté du soleil. Simplement, le talus semblait moins isolé du reste du monde. Quelques pêcheurs la regardaient. Il y avait même quelques couples assis dans l'herbe. Éméra s'assit à son tour. Tout était donc réel... Elle ne connaissait pas cet endroit avant que Moëlys ne l'y emmène. Ce n'était pourtant pas si loin de chez elle. Mais il avait raison : c'était bien plus beau la nuit. Plus tranquille aussi. Éméra jeta un regard sous le saule, à l'endroit même où elle et Moëlys s'étaient étendus la nuit précédente. Un pêcheur grincheux lui lança un regard bourru et Éméra détourna vivement le sien.

Combien d'autres endroits similaires Moëlys connaissait-il ? Quel genre de vie menait-il ? Où vivait-il ? Éméra réalisa combien elle ignorait tout de lui. Pourtant, elle voyait bien qu'il était franc avec elle. Mais il était enrobé de tant de mystère. Parfois, ses yeux se perdaient dans le vague, puis c'était comme s'il revenait brusquement à la réalité. Éméra avait l'impression qu'il cachait une profonde souffrance. Une ou deux fois cette nuit, il l'avait étreinte si fort qu'elle avait cru que ses os allaient se broyer. Il s'était agrippé à elle à elle comme s'il avait eu peur qu'elle ne disparaisse. Quel secret renfermait-il à ce point ? C'était comme s'il craignait qu'elle ne perce à jour ses faiblesses ou ses peurs, ou elle ne savait quoi d'autre. Mais il renfermait quelque chose.

La jeune fille pensa qu'il lui en parlerait le moment venu. Quand il lui ferait suffisamment confiance. Mais Moëlys n'avait pas l'air d'être le genre d'homme à accorder facilement sa confiance à autrui. Comment faire pour qu'il se confie à elle ? Éméra savait qu'elle était trop curieuse et que cette curiosité l'avait parfois poussée à mal agir. Le jeune homme lui en voulait peut-être toujours de l'avoir suivi.

Mais ce matin-là, elle avait eu beau le suivre scrupuleusement, elle l'avait perdu sans même savoir comment et n'avait aucune idée de l'endroit où elle avait bien pu atterrir. Alors qu'elle suivait Moëlys, tout s'était brouillé autour d'elle et les ténèbres l'avaient encerclée sans crier gare. Encore un autre mystère... Ça avait été si différent là-bas, c'était comme si les perceptions de son corps ne lui étaient plus d'aucune utilité.

Éméra s'étendit dans l'herbe et ferma les yeux afin de les dérober aux rayons du soleil qui devenaient plus agressifs chaque minute. Comme elle était impatiente que la nuit tombe ! Si seulement Moëlys pouvait se montrer également pendant la journée...

Une fois seulement, il l'avait raccompagnée sous le soleil matinal. Mais, il semblait redouter de se montrer le jour. Pourquoi ? Peut-être travaillait-il beaucoup, tout simplement. Du coup, il ne lui restait de temps libre que la nuit, et il dormait le matin quand il rentrait. Après tout, c'était ce que faisait la jeune fille, et elle n'en était pas fatiguée pour autant. Mais ça, c'était également quelque chose d'étrange car elle aurait dû être fatiguée. Moëlys devait bien avoir quelque chose de magique tout de même, pour réaliser de tels prodiges... Éméra sentit le sommeil la gagner... Peut-être était-elle fatiguée en fait...

 

à suivre

 

Par sillyan
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 04:39

 

 

I feel Music like the wind in my hair

I feel Music like the earth under my feet

It comes into me like the air I bread

And it feeds me…

 

The music of the wind in the trees…

The music of talking people voices…

The music of the street…

The music of time passes...

 

No one ever created music.

It lives all around us.

We just have to listen.

 

 

 

Par sillyan
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 14:33

Début

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Le démon avait regagné sa demeure plus tard qu'à l'accoutumée. Il avait raccompagné Éméra en s'assurant que, cette fois, elle était bel et bien endormie à son départ. Il avait également veillé, pour plus de sûreté, à ce qu'elle ne l'ait pas suivi.

Il l'avait observée plus attentivement cette nuit-là. En effet, il y avait bien chez elle quelque chose de radicalement différent de toutes les proies qu'il avait chassées jusqu'alors. Cependant, il ne parvenait toujours pas à identifier de quoi il s'agissait. Car, après mûre réflexion, elle ne pouvait être qu'humaine. Elle n'avait même pas saisi l'allusion qu'il avait faite au sujet des serviteurs du royaume céleste sous couvert d'histoire de constellations afin de la tester. Il avait eu beau la sonder à cet instant, elle ne cachait aucune forme de réaction à l'évocation qu'il avait faite. S'il était possible qu'elle soit l'instrument de « ceux d'en haut », elle n'en avait pas conscience. Moëlys en était maintenant persuadé.

En réalité, le démon était plutôt intrigué par ce petit quelque chose qu'il ne savait identifier et qui la différenciait tant des autres êtres humains. Et, en même temps, il ne pouvait s'empêcher d'être quelque peu effrayé par ce pouvoir qu'elle semblait parfois user contre lui. Il avait fortement été tenté de la dévorer cette nuit-là, isolée qu'elle était du monde de la lumière. Mais il s'était ravisé.

Cependant, après mûre réflexion, il devinait les raisons de cette attitude. Premièrement, il n'était pas totalement sûr qu'elle ne fût pas surveillée par une créature céleste. Si, en effet, elle n'avait aucune conscience du royaume « d'en haut », elle pouvait très bien n'être destinée qu'à servir d'appât. Si tel était le cas, ce serait uniquement lorsque Moëlys tenterait de la tuer qu'« ils » se manifesteraient. C'est pourquoi il devait se montrer très prudent, et ne la dévorer que quand il serait absolument certain d'avoir déjoué le piège.

La deuxième raison était cette forme unique de pureté qui habitait sa jeune proie. Il était possible que le démon ait trouvé une âme d'une valeur inestimable. S'il la gâchait, il raterait une occasion unique d'augmenter considérablement son pouvoir. Et s'il mettait tout son savoir-faire en œuvre, il ajouterait à sa collection un cœur d'une puissance inégalée. Cette petite humaine pourrait lui être bien utile après tout... Moëlys s'avachit dans son fauteuil en souriant de contentement.

 

à suivre

Par sillyan
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 16:38

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Confiante, Éméra saisit cette main tendue pour l'emmener vers elle ne savait quelle nouvelle magie.

- Reste près de moi, lui dit tendrement son mystérieux ange nocturne, je ne voudrais pas qu'il t'arrive encore du mal.

- Je ne risque rien tant que tu es là.

Moëlys hocha la tête, puis l'entraîna dans les ténèbres.

Ils quittèrent rapidement les ruelles éclairées pour se diriger vers un endroit que la jeune fille n'avait jamais soupçonné jusqu'alors. Les rues s'écartaient pour laisser place à une lande déserte.

- N'est-ce pas un peu dangereux de s'éloigner ainsi de la ville

- Je croyais que tu ne risquais rien tant que tu étais près de moi ? fit Moëlys d’un air moqueur. Ne t'en fais pas, je te protège...

Comme pour appuyer ses paroles, il passa son bras autour des épaules de la jeune fille. Éméra se sentait rassurée avec lui. À ses cotés, elle devenait plus téméraire. Sans le regard protecteur du jeune homme, sans son sourire affectueux, jamais elle n'aurait osé s'aventurer ainsi dehors en pleine nuit.

Ils continuèrent leur promenade nocturne, tels deux fugitifs, à la seule lueur des étoiles. Éméra les regardait, émerveillée. Jamais elle n'avait vu un aussi beau ciel étoilé.

- C'est tellement beau... murmura-t-elle, on aurait presque l'impression de se perdre dedans...

Moëlys acquiesça d'un air absent. Éméra le regarda pour savoir comment interpréter sa réponse monosyllabique, et se rendit compte qu'il était en train de la dévisager. La jeune fille détourna le regard en rougissant.

- Désolée, je parlais des étoiles, en fait....

- Ah oui... fit distraitement Moëlys en continuant de la regarder.

Puis, il leva la tête à son tour, comme pour faire mine de s’intéresser à ce qu'elle disait.

- C'est vrai, dit-il d'un air rêveur, c'est pour ça que j'aime bien venir ici. Mais j'y viens tellement souvent : je crois que je commence à être habitué, continua-t-il avec un petit rire.

- Oh tu as trouvé mieux, railla la jeune fille.

- Oui, répondit simplement Moëlys en la regardant droit dans les yeux.

Éméra rougit de nouveau.

- Arrête, protesta-t-elle finalement.

- Arrêter quoi ?

- Arrête de me regarder comme ça. Ça me gêne.

- Mais comment veux-tu que je te regarde ?

Éméra ne sut que répondre. Cependant, Moëlys s'exécuta et détourna le regard pour le porter droit devant lui. La jeune fille en profita pour l'observer à son tour. Elle avait rarement l'occasion de voir son profil. Il semblait encore plus mystérieux ainsi, plus inaccessible. Et aussi, d'une certaine manière, plus seul... Réalisant qu'elle était en train de le dévisager, elle se ravisa et suivit le regard du jeune homme. Il contemplait au loin un petit talus ombragé par un arbre qui ressemblait à un saule.

- On arrive, annonça-t-il.

En s'approchant, Éméra remarqua un petit étang dans lequel le saule plongeait ses branches. La jeune fille se précipita, émerveillée.

- C'est adorable comme endroit ! s'exclama-t-elle.

Des nénuphars avaient éclos à la surface de l'étang et les grenouilles avaient commencé leur récital.

- Oui, répondit Moëlys, c'est encore plus beau à la lumière de lune. Dommage qu'il n'y ait pas de lune cette nuit.

Éméra se retourna pour lui adresser un sourire rayonnant. Le jeune homme la regardait d'un air attendri.

- Ça te plaît ?

- Énormément, répondit-elle en se jetant dans ses bras.

Moëlys l'embrassa tendrement, puis tous deux s’allongèrent côte à côte non loin du saule en regardant la voûte céleste.

- C'est superbe ! s'exclama de nouveau la jeune fille.

Alors, le jeune homme entreprit d'essayer de lui apprendre les constellations. Éméra, qui ne connaissait que la Grande Ourse, avait beaucoup de mal à repérer Bételgeuse ou Aldébaran. Mais elle buvait ses paroles en essayant, elle aussi, de lire dans les étoiles l'histoire merveilleuse qu'il lui contait.

Une fois qu'il eut fini, un silence s'installa durant lequel Éméra méditait les paroles magiques qu'il venait de prononcer, encore bercée par la douceur de sa voix chaude et profonde.

Puis, Moëlys la regarda d'un air enfantin :

- À ton tour maintenant !

- Mais je n'y connais rien, répliqua la jeune fille prise au dépourvu.

- Ce n'est pas grave ! Invente !

Éméra réfléchit un instant :

- Il était une fois... commença-t-elle hésitante.

À ces simples mots, Moëlys semblait déjà boire ses paroles. Il avait passé son bras sous la tête de la jeune fille et lui caressait nonchalamment les cheveux. On aurait dit un petit garçon. Éméra fut troublée devant autant d'attention. Elle prit une profonde inspiration, et continua :

- Il était une fois une jeune fille de glace et un jeune homme de feu qui s'aimaient éperdument. Mais comme ils étaient opposés en tout, ils ne pouvaient se toucher, ni même s'approcher l'un de l'autre, car s'ils le faisaient, ils se détruiraient mutuellement. Ils ne pouvaient que se dire leur amour au loin, en maudissant la Fatalité qui les avait si cruellement séparés. Un jour, succombant à leurs sentiments, ils s'enlacèrent enfin. À cet instant, le jeune homme de feu fit fondre la jeune fille de glace. Celle-ci, en se liquéfiant, éteignit le feu qu'était son amant. Tous deux se changèrent en fumée, ainsi enlacés. Et ils fusionnèrent à tout jamais. On dit que, bien des années plus tard, cette fumée fut séparée et incarnée en deux êtres qui n'avaient aucune possibilité de se rencontrer. Cependant, ils s'aimaient d'un amour incommensurable sans même se connaître.

Le silence retomba. Moëlys regardait de nouveau les étoiles en caressant toujours les cheveux d'Éméra. Une flamme semblait brûler dans ses yeux. Puis, sans crier gare, il se jeta sur elle et l'embrassa passionnément. La jeune fille se laissait faire, perdue entre tant de caresses et d'amour. Et le saule semblait pleurer sur leur passion. Éméra savait qu'elle devrait rentrer chez elle et briser cette magie. Mais elle préféra s'abandonner encore un peu à l'étreinte passionnée de Moëlys.

 

Suite

Par sillyan
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 11:36

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Ce soir-là, le démon se rendit jusqu'à la fenêtre de la chambre d'Éméra comme si de rien n'était. Il souleva la guillotine et s'introduisit comme un voleur à l'intérieur de la pièce plongée dans la pénombre. Éméra dormait. Elle ne l'avait pas attendu ce soir-là. Étrange...

Moëlys s'approcha de sa victime endormie, tous les sens en éveil. Il fallait en finir le plus vite possible. Tant pis pour le festin, sa propre sécurité était en jeu. Il s’interrompit brusquement, les sens en alerte. Et si une créature angélique profitait de cet instant pour l'attaquer ? Les pensées qu'il avait captées d'Éméra tout au long de la journée n'étaient peut-être qu'un leurre. « Ceux d'en haut » en étaient probablement capables.

Le démon scruta les ténèbres en prenant garde à ne pas réveiller sa jeune proie. La dévorer dans son sommeil semblait plus prudent au stade où en étaient les choses. Personne d'autre ne semblait se trouver dans les environs. Du moins, aucun de ses ennemis.

Moëlys reporta son attention sur la jeune fille. Elle le dévisageait sereinement, parfaitement éveillée. Le démon retint un sursaut.

- J'avais peur que tu ne viennes pas, expliqua-t-elle doucement. Je pensais que tu m'en voulais de t'avoir suivi.

Moëlys sourit avec la plus grande douceur qu'il était capable de feindre.

- Ne t'inquiète pas. J'ai juste eu peur pour toi, c'est tout. C'est pour ça que je me suis peut-être montré un peu dur. Je suis désolé si je t'ai fait de la peine.

Éméra sourit. Ses yeux semblaient transpercer l'obscurité pour se frayer un chemin jusque ceux du démon. Ce dernier s'assit sur le lit et en profita pour détourner le regard. Que pouvait-elle percevoir en réalité ?

- Je suis heureuse que tu sois là.

Elle s'assit à son tour et continua :

- Dis, Moëlys ? Qu'est-ce que c'était, ces créatures contre lesquelles tu m'as protégée ?

Mentir ? Garder le masque ? Peut-être pourrait-il avoir son festin s'il se débrouillait assez bien...

- Rien que des illusions...

- Et toi ? Tu es une illusion aussi ?

Moëlys sourit tendrement :

- Non, ma belle, je ne suis pas une illusion.

Lorsque je te tuerai, tu comprendras que je n'en suis pas une...

Mais il se devait tout de même d'être prudent. Le risque que représentaient « ceux d'en haut » n'était pas négligeable.

Éméra sourit et vint se blottir dans les bras du démon.

- En effet, murmura-t-elle, tu es là...

Moëlys caressa ses longs cheveux bouclés. L'attirer dans un piège tout en l'éloignant de toute présence angélique potentielle. C'était la meilleure solution.

- Veux-tu que je t'emmène quelque part ce soir ?

Le visage d'Éméra s'illumina :

- Oh oui, Moëlys ! Emmène-moi !

Je vais t'emmener, ma jolie... Je vais t'emmener avec moi....

Le démon espéra qu'elle ne décèle pas la lueur carnassière qui s'était allumée au fond de ses prunelles l'espace d'une seconde. Il se leva et lui tendit la main.

 

Suite


Par sillyan
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